C’est l’erreur la plus fréquente en gestion du temps de travail : lire
« 7 h 30 » et écrire « 7,30 ». Les deux nombres se ressemblent, et le premier
vaut effectivement 7,50. Mais « 7 h 20 » ne vaut pas 7,20 : il vaut 7,33.
Pourquoi la confusion est si tenace
Une heure se divise en 60 minutes, un nombre décimal en 100 centièmes. Les
deux systèmes ne coïncident qu’aux minutes multiples de 6 : 6, 12, 18, 24, 30,
36, 42, 48, 54. Sur ces neuf valeurs, la conversion tombe juste et l’intuition
fonctionne. Sur les cinquante autres, elle échoue — et la demi-heure, qui est le
cas le plus courant, fait partie des cas justes. C’est ce qui entretient
l’erreur : la conversion qu’on vérifie mentalement est presque toujours celle
qui marche. Le même malentendu entre deux bases de calcul sépare le gigaoctet décimal du gibioctet binaire. Le même piège guette en cuisine, où 1 cl d’eau pèse 10 g mais 1 cl de
farine à peine plus de la moitié : voir la
conversion des centilitres en grammes.
Ce que ça change sur une paie
L’écart paraît minuscule et il ne l’est pas. Sur un relevé mensuel, confondre
7 h 20 et 7,20 fait perdre huit minutes par jour, soit près de trois heures sur
un mois de vingt jours. À l’inverse, une conversion faite dans le mauvais sens
en faveur du salarié coûte la même chose à l’employeur.
Le cas des décimaux périodiques
Vingt minutes valent un tiers d’heure, soit 0,3333… à l’infini. Aucun
affichage à deux chiffres ne rend cette valeur exactement. C’est sans
conséquence pratique — l’écart est de moins d’une seconde — mais cela explique
pourquoi un total mensuel calculé en arrondissant chaque journée diffère
parfois de quelques minutes du même total calculé en une fois. Cumulez
d’abord, arrondissez ensuite.