Un véhicule de fonction utilisable le week-end et pendant les congés n’est pas
un outil de travail : c’est une rémunération en nature. À ce
titre il est soumis à cotisations et à l’impôt sur le revenu, au même titre qu’un
salaire — sans qu’aucune somme ne soit versée.
Véhicule de fonction ou véhicule de service
La distinction est décisive et souvent confondue. Un véhicule de
service ne sert qu’aux déplacements professionnels et rentre le soir :
il ne génère aucun avantage en nature. Un véhicule de fonction
est utilisable à titre privé, et il en génère un, y compris si le salarié ne s’en
sert jamais le week-end. C’est la possibilité d’usage privé qui déclenche
l’imposition, pas l’usage effectif.
Deux barèmes selon la date d’attribution
Le forfait a été relevé pour les véhicules mis à disposition à partir
du 1er février 2025 : 15 % du prix d’achat au lieu de 9 %, 50 % du coût
de location au lieu de 30 %. Un véhicule attribué avant cette date reste évalué à
l’ancien barème. C’est donc la date de mise à disposition qui compte, pas la date
du bulletin.
Le carburant change tout
Au barème actuel, le taux passe de 15 à 20 % sur un véhicule acheté récent, et
de 50 à 67 % sur un véhicule loué. Sur un véhicule de 28 000 €, cela représente
1 400 € par an de base supplémentaire. Quand l’usage privé est faible, il est souvent plus
avantageux que le salarié paie lui-même son carburant privé — le calcul mérite
d’être fait plutôt que subi.
Le forfait n’est pas obligatoire
L’employeur peut choisir l’évaluation aux frais réels :
on calcule le coût total du véhicule sur l’année, puis on applique la proportion
de kilomètres privés. Un salarié qui parcourt 40 000 km dont 4 000 à titre privé
voit son avantage divisé par plusieurs, comparé au forfait. La contrepartie est
un carnet de bord tenu sérieusement, avec date, trajet et kilométrage — c’est ce
qui décourage la plupart des entreprises.
Sur le bulletin
L’avantage apparaît deux fois : ajouté au brut, où il augmente l’assiette des
cotisations et le revenu imposable, puis déduit du net à payer. Le salarié ne
reçoit rien de plus, et son net baisse du montant des cotisations
correspondantes. C’est normal, et c’est ce qui surprend à la première paie.