Le calcul d’une augmentation tient en une multiplication. Ce qui mérite d’être
posé, c’est ce que le pourcentage recouvre — et il recouvre rarement ce qu’on
croit.
Brut, net, et ce qui arrive vraiment
Une augmentation négociée est presque toujours exprimée en brut.
Les cotisations salariales s’appliquent dessus comme sur le reste du salaire :
la part qui arrive en net est donc sensiblement inférieure. S’y ajoute l’impôt
prélevé à la source, dont le taux peut lui-même évoluer avec le revenu. Il en va
de même d’un avantage en nature : un
véhicule de fonction s’ajoute au brut et alourdit les cotisations, sans
qu’aucune somme ne soit versée.
Ce calculateur ne convertit pas : il traite le montant que vous lui donnez.
Saisissez un brut, vous obtenez un brut. Pour raisonner sur ce qui tombera
réellement sur le compte, saisissez votre net actuel et le pourcentage annoncé —
en gardant en tête que l’écart brut-net n’est pas rigoureusement proportionnel.
L’augmentation qui n’en est pas une
Une hausse de 2 % dans une année où les prix montent de 3 % est une
baisse de pouvoir d’achat d’environ 1 %. Le montant sur la fiche
de paie augmente, ce qu’il permet d’acheter diminue.
La comparaison ne se fait pas en soustrayant les deux pourcentages, même si
l’approximation est acceptable sur de petites valeurs. La formule exacte divise
les deux coefficients : (1 + taux) ÷ (1 + inflation) − 1. Sur des taux élevés,
l’écart entre les deux méthodes devient sensible.
Le treizième mois change le montant annuel
Une augmentation mensuelle de 72 € vaut 864 € par an sur douze mois, mais
936 € si la convention prévoit un treizième mois. C’est un paramètre à vérifier
avant de comparer deux propositions : deux offres au même salaire mensuel ne
valent pas la même chose sur l’année. De même, une
mission d’intérim et un CDI au même taux horaire ne rapportent pas la même
somme.
Ce qu’un pourcentage ne dit pas
Comparer deux augmentations en pourcentage sans regarder les bases est
trompeur. 3 % sur 2 000 € font 60 € ; 2 % sur 4 000 € en font 80. Le second
pourcentage est plus faible et le gain plus élevé — c’est pour cette raison que
les accords d’entreprise combinent souvent un pourcentage et un montant plancher.