Comparer un taux horaire d’intérim à un taux horaire de CDI n’a pas de sens
tel quel. L’intérimaire perçoit deux indemnités que le salarié en contrat
classique ne touche pas, et leur cumul représente environ 21 % de plus.
Les deux indemnités, et pourquoi elles ne font pas 20 %
L’indemnité de fin de mission, dite prime de précarité,
compense l’instabilité de l’emploi. Elle vaut 10 % du salaire de base.
L’indemnité compensatrice de congés payés vaut également
10 %, mais elle se calcule sur le salaire et sur l’IFM. C’est ce détail
qui fait que le total n’est pas de 20 % mais de 21 % : 10 % de 110 valent 11,
pas 10.
Sur un mois à 13,50 € de l’heure et 151,67 heures, cela représente environ
430 € de plus qu’un CDI au même taux horaire. Ce volume d’heures est celui d’un
temps plein mensualisé ; un temps partiel se
calcule au prorata.
Pourquoi l’intérim paraît moins bien payé qu’il ne l’est
Parce qu’on compare des taux affichés. Un poste en CDI à 14 € de l’heure et
une mission d’intérim à 13,50 € semblent avantager le premier. En réalité, la
mission rapporte plus : 13,50 € plus les deux indemnités équivalent à environ
16,30 € de l’heure. La comparaison honnête se fait sur le brut réel, pas sur le
taux annoncé.
Pas de taux réduit en intérim
On lit souvent que l’indemnité de fin de mission peut tomber à 6 % par accord
de branche. C’est une règle du CDD, pas de l’intérim : pour un
contrat de mission, le code du travail fixe 10 % sans prévoir de taux réduit
(article L1251-32). Un taux inférieur sur un contrat de mission mérite d’être
questionné.
Ce que l’IFM ne couvre pas
Elle n’est pas due dans plusieurs cas : rupture anticipée à l’initiative du
salarié, faute grave, force majeure, ou embauche en CDI par l’entreprise
utilisatrice immédiatement à l’issue de la mission (article L1251-33). Refuser
un CDI proposé sur le même poste ne la fait pas perdre, contrairement au CDD :
l’entreprise utilisatrice doit seulement en informer France Travail, ce qui peut
peser sur l’indemnisation chômage (article L1251-33-1).