Deux situations portent le même nom dans le langage courant et n’ont presque
rien en commun dans le droit : le départ volontaire, où le
salarié décide de partir, et la mise à la retraite, où
l’employeur en prend l’initiative. Le barème et la fiscalité diffèrent.
Le départ volontaire : rien avant dix ans
C’est la surprise la plus fréquente. Un salarié qui part de lui-même avec
neuf ans d’ancienneté n’a droit à aucune indemnité légale. Le barème démarre à
dix ans, par tranches, et plafonne à deux mois de salaire pour trente ans et
plus. C’est peu, et cela explique pourquoi la convention collective est presque
toujours l’élément déterminant.
La mise à la retraite : le barème du licenciement
Quand c’est l’employeur qui décide, l’indemnité suit le barème de
l’indemnité de licenciement : un quart de mois par année d’ancienneté jusqu’à
dix ans, puis un tiers de mois par année au-delà. Pour vingt-cinq ans
d’ancienneté, cela représente environ sept mois et demi de salaire, contre un
mois et demi en départ volontaire.
La convention collective décide plus souvent que la loi
Le barème légal est un plancher. Une grande partie des conventions
collectives prévoit mieux, parfois nettement, et c’est toujours le
montant le plus favorable qui s’applique. Consulter sa convention avant
de partir n’est pas une formalité : c’est l’élément qui change le plus souvent
la somme perçue, et parfois la date choisie pour partir.
La fiscalité, qui n’est pas la même non plus
L’indemnité de départ volontaire est en principe imposable et soumise à
cotisations, hors plan de sauvegarde de l’emploi. L’indemnité de mise à la
retraite bénéficie d’une exonération, dans des limites plafonnées. L’écart net
entre les deux situations est donc plus grand encore que l’écart brut.