La zakat sur les biens est une obligation annuelle portant sur le patrimoine
qui dort, pas sur les revenus. Elle représente 2,5 % — un quarantième — de ce
qu’on possède au-dessus d’un seuil, à condition de l’avoir possédé pendant une
année lunaire complète.
Le nisab, et pourquoi deux seuils coexistent
Le nisab est fixé par référence à un poids de métal précieux : 85 grammes
d’or, ou 595 grammes d’argent. Ces deux quantités étaient de valeur comparable à
l’époque où les références ont été établies. Elles ne le sont plus du tout : le
rapport entre les cours de l’or et de l’argent a considérablement évolué, et le
nisab argent donne aujourd’hui un seuil bien plus bas.
Conséquence pratique : retenir le nisab argent rend la zakat due à beaucoup
plus de personnes. Beaucoup d’avis le recommandent pour cette raison même — il
élargit le nombre de contributeurs, donc de bénéficiaires. D’autres retiennent
l’or. Le calculateur affiche les deux plutôt que de trancher.
Ce qui entre dans l’assiette
La logique est celle du patrimoine productif ou thésaurisé : liquidités,
épargne, or et argent, créances qu’on compte récupérer, marchandises destinées à
la vente. En sont exclus les biens d’usage personnel — le logement qu’on habite,
la voiture qu’on conduit, les effets domestiques — quelle que soit leur
valeur.
L’année lunaire, souvent négligée
La condition de détention porte sur une année lunaire, soit environ 354 jours,
pas une année civile. En s’en tenant à une date grégorienne fixe, on décale
progressivement, d’environ onze jours par an. Beaucoup de personnes choisissent
une date du calendrier hégirien et s’y tiennent, ce qui règle la question.
Ce qu’un calculateur ne peut pas faire
Le traitement de plusieurs actifs fait l’objet d’avis divergents : parts
d’entreprise, biens immobiliers locatifs, plans d’épargne bloqués, dettes
étalées sur des années. Ce calcul couvre le cas courant. Pour un patrimoine
complexe, il donne un ordre de grandeur, pas une réponse — et la question relève
alors d’une autorité que vous reconnaissez, pas d’un formulaire.