Le point de rosée est la température à laquelle l’air, refroidi sans changer
de teneur en eau, atteint la saturation. En dessous, la vapeur ne peut plus
rester en phase gazeuse : elle condense sur la première surface disponible.
Ce n’est pas le mur qui condense
C’est le contresens le plus répandu. On accuse un matériau, une peinture, un
enduit. Or le point de rosée ne dépend que de deux grandeurs, la température de
l’air et son humidité relative — jamais du matériau. Un mur ne
produit pas de condensation : il est plus froid que le point de rosée de l’air
qui le touche, et l’eau s’y dépose. Le même mur, dans un air plus sec, reste
parfaitement sain.
Pourquoi ça se voit d’abord dans les angles
Un angle de mur donne sur deux parois extérieures, il perd donc sa chaleur
plus vite que le reste. Il est structurellement plus froid de quelques degrés —
et c’est presque toujours par là que la condensation, puis les moisissures,
commencent. Le vitrage joue le même rôle : c’est la surface la plus froide de la
pièce, et c’est le premier endroit où l’on voit de la buée.
Les deux seuls leviers
Face à un problème de condensation, il n’existe que deux actions :
réchauffer la surface froide, ce qui relève de l’isolation, ou
abaisser l’humidité de l’air, ce qui relève de la ventilation.
Le second est plus rapide et coûte moins cher.
Contre-intuitif mais décisif : ventiler en hiver assèche, même s’il pleut
dehors. L’air froid extérieur contient très peu d’eau en valeur absolue, et une
fois réchauffé à l’intérieur, son humidité relative s’effondre. C’est pourquoi
dix minutes de fenêtres grandes ouvertes assainissent une pièce mieux qu’une
journée d’entrebâillement.
D’où sort le nombre
Le point de rosée n’est pas mesuré, il est calculé — à partir de la
pression de vapeur saturante de l’air, donnée par un ajustement empirique
qu’on appelle la formule de Magnus. Ce calculateur emploie les coefficients
17,62 et 243,12 publiés par le National Physical Laboratory, valables de −45 à
+60 °C.
Il en existe plusieurs autres, qui ne donnent ni le même nombre ni la même
plage de validité : le jeu historique de Magnus-Tetens, par exemple, n’a jamais
été publié en dessous de 0 °C et s’en écarte de plus d’un quart de degré à
−20 °C. Si c’est cette mécanique qui vous intéresse plutôt que la
condensation, la page consacrée à la formule de
Magnus compare les jeux de coefficients, leurs plages et leurs
incertitudes, et calcule la pression de vapeur saturante et l’humidité
absolue.
Dernière nuance, souvent ignorée : en dessous de zéro, la glace et l’eau
restée liquide n’ont pas la même pression de vapeur. Le résultat affiché ici
est un point de rosée sur l’eau ; sur une surface déjà gelée, c’est un point de
gelée blanche qu’il faut calculer, et il diffère de quelques dixièmes de
degré.