Un toit ne mesure pas la surface qu’il couvre. C’est une évidence géométrique
et pourtant la première cause de commande insuffisante en couverture.
Le coefficient de pente
Un rampant est l’hypoténuse d’un triangle rectangle dont la projection au sol
est un côté. Sa longueur vaut donc la projection divisée par le cosinus de
l’angle — et c’est ce rapport qu’on appelle coefficient de pente.
Les ordres de grandeur méritent d’être connus : à 30°, le coefficient vaut
1,155, soit près de 16 % de surface en plus que l’emprise. À 45°,
il atteint 1,414 — la surface est multipliée par près d’une fois et demie. Sur
une maison de 100 m² au sol, l’écart représente entre 15 et 40 m² de couverture.
Degrés ou pourcentage
Les deux unités circulent et ne se confondent pas. Une pente de 100 % n’est
pas verticale : c’est 45°, soit un mètre de montée pour un mètre d’avancée. Une
pente de 30 % correspond à environ 16,7°.
La confusion entre les deux produit des écarts considérables, et elle est
d’autant plus fréquente que les couvreurs raisonnent souvent en pourcentage
quand les plans sont cotés en degrés.
Les débords comptent
La toiture dépasse les murs, généralement de 30 à 50 centimètres de chaque
côté. Ces débords s’ajoutent à l’emprise avant application du
coefficient : sur un bâtiment de 12 × 8 m avec 40 cm de débord, l’emprise passe
de 96 à 107,4 m², soit 12 % de plus avant même de parler de pente.
Pourquoi la marge de chutes n’est pas facultative
Les matériaux de couverture se recouvrent : une tuile chevauche la suivante,
une plaque déborde sur sa voisine. La surface posée est donc toujours inférieure
à la surface achetée. S’y ajoutent les découpes autour des cheminées, des
fenêtres de toit et le long des rives.
Dix pour cent constituent un minimum sur un toit simple à deux pans. Sur un
toit à croupes, avec noues et lucarnes, la marge réaliste monte nettement — et
c’est précisément le cas où un métré professionnel s’impose, parce que chaque
noue se calcule séparément.
Ce que ce calculateur ne fait pas
Il traite des pans plans de pente uniforme. Une croupe, une noue, une lucarne
ou un toit à la Mansart demandent un découpage en surfaces élémentaires, et le
résultat dépend d’angles que l’emprise au sol ne suffit pas à décrire.