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CMPC

Quel taux d’actualisation retenir pour un projet ? Le CMPC pondère le coût des fonds propres et celui de la dette, après impôt.

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Calcul exact. La formule est arithmétique et exacte. Ce qui ne l’est pas, ce sont ses entrées : le coût des fonds propres est une estimation, jamais une donnée observée.

La formule du CMPC (coût moyen pondéré du capital)

CMPC = (E ÷ V) × Re + (D ÷ V) × Rd × (1 − t)

E
les capitaux propres, idéalement en valeur de marché
D
la dette financière
V
le capital employé, soit E + D
Re
le coût des fonds propres, la rentabilité attendue par les actionnaires
Rd
le coût de la dette avant impôt
t
le taux d’impôt sur les sociétés

Ce que le calcul suppose

  • Les intérêts de la dette sont déductibles du résultat imposable.
  • La structure de financement est celle en vigueur et supposée stable.
  • Le coût des fonds propres est une estimation, pas une donnée observée.

Comment se calcule le CMPC (coût moyen pondéré du capital)

Le CMPC répond à une question de décision : à partir de quel rendement un projet crée-t-il de la valeur ? C’est le coût moyen de l’argent que l’entreprise emploie, pondéré par la part de chaque source. Il complète le seuil de rentabilité, qui dit à partir de quel chiffre d’affaires l’activité cesse de perdre.

Pourquoi la dette coûte moins que son taux

C’est le point que la formule contient et que les calculs rapides oublient. Les intérêts d’emprunt sont déductibles du résultat imposable : chaque euro d’intérêt réduit l’impôt dû.

Une dette à 4 % dans une entreprise imposée à 25 % coûte donc réellement 4 % × (1 − 0,25) = 3 %. C’est ce qu’on appelle l’économie d’impôt, et c’est elle qui explique une part de l’attrait de l’endettement.

Un CMPC calculé sans ce facteur est systématiquement surestimé — donc trop exigeant, et il conduit à écarter des projets rentables. Le tableau ci-dessus chiffre l’écart.

La pondération se fait en valeur de marché

La théorie demande des valeurs de marché, pas comptables. Pour une société cotée, les capitaux propres valent la capitalisation boursière, pas le montant inscrit au bilan — et l’écart entre les deux est souvent considérable.

Pour une société non cotée, la valeur de marché n’est pas observable, et l’on retient faute de mieux les valeurs comptables. C’est une approximation assumée, et il faut savoir qu’on la fait.

Le coût des fonds propres n’est pas une donnée

C’est l’entrée la plus fragile de tout le calcul. Contrairement au coût de la dette, qui se lit sur un contrat de prêt, la rentabilité attendue par les actionnaires ne s’observe nulle part.

On l’estime, généralement par le MEDAF : un taux sans risque, plus une prime de risque de marché multipliée par un coefficient de sensibilité. Chacun de ces trois termes fait l’objet de conventions, et deux analystes sérieux aboutissent couramment à des estimations écartées de plusieurs points.

La conséquence pratique : un CMPC affiché à deux décimales donne une illusion de précision que ses entrées ne justifient pas. Il vaut mieux le manier comme une fourchette et tester la sensibilité du projet à sa variation.

Une erreur de méthode fréquente

Le CMPC de l’entreprise s’applique à un projet de même risque que son activité habituelle. L’utiliser pour actualiser un projet de nature différente — une diversification, une acquisition dans un autre secteur — revient à valoriser un risque avec le prix d’un autre.

Dans ce cas, la pratique consiste à retenir le CMPC de sociétés comparables du secteur visé, pas celui de l’entreprise qui investit.

Calculer le CMPC (coût moyen pondéré du capital) dans Excel

Les formules ci-dessous sont écrites pour un Excel en français, dont le séparateur d’arguments est le point-virgule et le séparateur décimal la virgule. Elles fonctionnent aussi dans LibreOffice Calc.

CMPC après impôt

Capitaux propres en A2, dette en B2, coût des fonds propres en C2, coût de la dette en D2, taux d’IS en E2.

=(A2/(A2+B2))*C2+(B2/(A2+B2))*D2*(1-E2)

Le piège : Le facteur (1−E2) ne s’applique qu’à la dette. L’appliquer aussi aux fonds propres est l’erreur classique : les dividendes ne sont pas déductibles, contrairement aux intérêts.

Coût des fonds propres par le MEDAF

Taux sans risque en A2, bêta en B2, prime de risque de marché en C2.

=A2+B2*C2

Le piège : Les trois termes doivent porter sur la même zone monétaire et le même horizon. Mélanger un taux sans risque en euros et une prime de marché américaine produit un résultat qui ne veut rien dire.

Tester la sensibilité du CMPC

Coûts des fonds propres en ligne, poids de la dette en colonne.

=(1-$A5)*B$4+$A5*$D$2*(1-$E$2)

Le piège : Une table à double entrée est le bon réflexe sur ce calcul : elle montre immédiatement que le CMPC bouge de plusieurs points selon des hypothèses toutes défendables. C’est plus honnête qu’un chiffre unique à deux décimales.

Questions sur le CMPC (coût moyen pondéré du capital)

Comment calculer le CMPC ?

Pondérez le coût des fonds propres et le coût de la dette après impôt par leur part respective dans le capital employé. Pour 6 M€ de fonds propres à 9 %, 4 M€ de dette à 4 % et un impôt à 25 % : 0,6 × 9 % + 0,4 × 4 % × 0,75, soit 6,6 %.

Pourquoi multiplier le coût de la dette par (1 − taux d’impôt) ?

Parce que les intérêts sont déductibles du résultat imposable : ils réduisent l’impôt dû. Une dette à 4 % dans une entreprise imposée à 25 % coûte réellement 3 %. Oublier ce facteur surestime le CMPC et conduit à écarter des projets rentables.

Faut-il utiliser des valeurs comptables ou de marché ?

Des valeurs de marché en théorie. Pour une société cotée, les capitaux propres valent la capitalisation boursière. Pour une société non cotée, la valeur de marché n’est pas observable et l’on retient les valeurs comptables, en assumant l’approximation.

Peut-on appliquer le CMPC de l’entreprise à n’importe quel projet ?

Non. Il ne vaut que pour un projet de risque comparable à l’activité habituelle. Pour une diversification ou une acquisition dans un autre secteur, on retient le CMPC de sociétés comparables du secteur visé.

Un CMPC élevé est-il mauvais signe ?

Il signale surtout que le capital employé coûte cher, donc que les projets doivent rapporter davantage pour créer de la valeur. Cela peut venir d’un risque élevé perçu par les actionnaires, d’un endettement coûteux, ou d’une structure de financement peu optimisée. Ce n’est pas un mauvais chiffre en soi : c’est une exigence de rentabilité.

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