Le CAGR répond à une question précise : à quel rythme constant aurait-il
fallu croître pour aller de A à B en n années ? C’est une moyenne
géométrique, et elle ne se confond pas avec la moyenne des taux annuels. C’est
le calcul des intérêts composés pris à l’envers :
on connaît le point d’arrivée, on cherche le taux.
Pourquoi pas la moyenne arithmétique
Prenons une valeur qui gagne 50 % une année puis perd 50 % l’année suivante.
La moyenne arithmétique des taux vaut 0 % : on croirait revenu au point de
départ. En réalité, 100 devient 150 puis 75 : on a perdu un quart. Le CAGR,
lui, rend le bon résultat — environ −13,4 % par an.
C’est la raison pour laquelle un rendement annualisé se calcule toujours de
cette façon, et jamais en additionnant les performances pour les diviser.
Le piège du nombre d’années
C’est l’erreur la plus fréquente et la plus discrète. De 2020 à 2024, il y a
quatre intervalles, pas cinq — même si l’on a cinq chiffres.
Compter les points de mesure au lieu des intervalles fait baisser
artificiellement le taux, d’autant plus que la période est courte.
Quand le CAGR n’a pas de sens
Trois cas, et ce calculateur les refuse.
Une valeur de départ nulle : le rapport est infini. Il faut
repartir de la première année non nulle.
Une valeur négative à l’une des deux bornes : la racine
n-ième d’un nombre négatif n’est pas un réel exploitable. Un résultat qui passe
d’une perte à un bénéfice ne se résume pas par un taux de croissance.
Une durée nulle : il n’y a rien à annualiser.
Ce qu’il masque
Le CAGR lisse. Deux entreprises peuvent afficher le même taux sur cinq ans,
l’une par une progression régulière, l’autre par trois années de stagnation
suivies d’un rachat. Le chiffre est identique, la réalité n’a rien à voir.
C’est pourquoi il se lit toujours avec la trajectoire à côté, jamais seul —
et pourquoi le tableau ci-dessus affiche la courbe théorique plutôt que de
laisser croire qu’elle décrit le passé.